Blackberry Storm, mon amour?
Passé donc trois jours au Canada, dont nous n’avons pas vu grand-chose (comme souvent lors des voyages de presse éclair). J’ai en revanche pu jouer avec le Blackberry Storm, dernier-né des terminaux de la marque. Côté look, l’appareil est à la mesure des autres produits de la marque: discrétion de bon goût et ergonomie réussie.
Comme il est doté d’un grand écran tactile, mes chers confrères en mal de titres à sensation vont très promptement le baptiser “iPhone-Killer”, ce qui démontre de leur part une méconnaissance crasse du marché des smartphones. D’après les analystes et industriels du secteur, seuls 10% des utilisateurs potentiels de smartphones seront équipés à la fin de l’année 2008: autant dire que les constructeurs actuels sont en train de défricher un territoire quasi-vierge qui devrait leur laisser de bonnes opportunités de ventes. Il n’y a donc pas péril en la demeure et encore moins de nécessité de vouloir “tuer” un produit pour placer le sien: il suffit de faire preuve d’intelligence et de le positionner correctement sur le marché. Dans un tout autre domaine, c’est exactement ce qu’a fait Nintendo avec sa Wii, console de jeux qui s’adresse en priorité aux joueurs occasionnels ou même à ceux qui n’ont jamais tenu une manette de leur vie (ma Mère, 69 ans aux cerises, veut une Wii pour Noël !)
Et le produit, dans tout cela? Il est séduisant, très séduisant. Il est équipé d’un écran multi-touch, lui-même doté d’une capacité étonnante: vous pouvez cliquer en appuyant légèrement sur sa surface! Cela n’a l’air de rien, mais cela change tout. Sur un smartphone tactile actuel, on sélectionne et l’on clique sur un lien ou un bouton en posant son doigt (ou le stylet) dessus. Sur le Storm, vous sélectionnez le lien avec le doigt (qui passe en surbrillance) puis vous cliquez en appuyant légèrement. Et quand je dis “cliquer”, c’est effectivement ce qui se passe: l’écran s’enfonce d’une fraction de millimètre et produit un “clic” semblable à celui d’une touche de clavier. Difficile dans ces conditions de se tromper en sélectionnant un lien, un item et un bouton! Taper une note sur le clavier tactile du Storm procure ainsi la même sensation que sur un clavier mécanique. C’est en fin de compte agréable et nettement plus efficace qu’avec un clavier tactile conventionnel.
RIM ne s’est pas limité à cette nouveauté dans son produit et exploite de façon intelligente l’aspect multi-touch du périphérique. Celui-ci, comme de nombreux autres, est doté d’un accéléromètre et de nombreux petits gadgets. Avec en prime le mécanisme de push mail, aussi performant qu’inimitable. Aussi prometteur soit-il, le Stom n’est pas parfait. Il lui manque à mon avis deux caractéristiques essentielles: une connexion Wifi et la compatibilité Flash. Ces deux absences sont justifiées par des raisons techniques qui semblent à priori très plausibles, surtout exposées par Mike Lazaridis, patron en co-fondateur de la boite qui a tenu à nous présenter lui-même son bébé. Il y a dans ses yeux une lueur passionnée (mais pas de fanatisme) lorsqu’il parle du Storm et des technologies RIM qui font plaisir à voir…
Tout ça pour dire que malgré l’absence de Wifi, je pense bazarder mon iPhone au profit du Storm dès sa disponibilité. a condition, bien sûr, qu’il offre une autonomie décente (ce qui n’est pas dur comparé à l’iPhone 3G)…